Qu’est-ce que le Graphisme print ?

[Voici un extrait d’une conférence donnée pour le club 2Cia sur le thème du graphisme.]

Le graphisme est un métier, mais également un processus de création visant à concevoir des supports de communication.

De manière générale, le graphisme print intervient dans le champ de la COMMUNICATION VISUELLE.
« La Communication Visuelle désigne l’ensemble des éléments d’informations transmis à [une cible] à l’aide d’éléments graphiques et visuels.

Selon les contextes d’usage, les objectifs de la communication visuelle peuvent être :

> attirer l’attention
> favoriser la reconnaissance
> transmettre un message
> travailler l’image d’une organisation, d’une marque, d’un produit »

La communication visuelle peut intervenir dans différents champs : commercial, culturel, associatif, etc

« Le graphisme est une discipline qui consiste à créer, choisir et utiliser des éléments graphiques (dessins, caractères typographiques, photos, couleurs, etc.) pour élaborer un objet de communication.
Chacun des éléments est symbolique et signifiant dans la conception du projet, selon les axes définis, dans le but de promouvoir, informer ou instruire. »

Selon Annick Lantenois, historienne de l’art « le design graphique peut être défini comme le traitement formel des informations et des savoirs. »

Le graphisme print ou design graphique est également un métier que l’on peux qualifier, à l’instar d’ Annick Lantenois de « médiateur qui agit sur les conditions de réception et d’appropriation des informations et des savoirs qu’il met en forme. »
« Le rôle du graphiste a subi d’importantes évolutions au cours des dernières années, pour en venir à englober une vaste gamme de nouveaux supports, outils, ressources – et par conséquent, de nouvelles responsabilités ». Ce métier est part sa nature, une discipline créative aux multiples facettes. Il regroupe en effet un ensemble de compétences et de connaissances : que ce soit techniques et plastiques, mais également des capacités « humaines » car le graphiste travaille toujours pour quelqu’un, nommé le commanditaire, il répond à une commande.
Le graphiste, dans sa pratique quotidienne, travaille au sein de limites bien définies (format de papier, systèmes métriques, grilles) qui, telle une armature, confèrent leur structure aux créations graphiques.

Selon ses domaines d’intervention (illustration, affiche, communication d’entreprise, presse, édition, packaging, publicité, signalétique, identité visuelle, etc.), le graphiste fait partie d’une chaîne graphique liée à l’imprimerie ou à d’autres médias.

La chaîne de « production graphique recouvre tout un ensemble de procédés permettant de donner une forme physique à une idée. La maîtrise de ces procédés est essentielle à l’expression de la créativité graphique ».

Il est important de noter qu’aujourd’hui la pratique du graphisme print est intimement lié à celle de l’outil informatique et sa maîtrise. Phénomène relativement récent si l’on prend en compte l’historique de la communication visuelle. En effet, on peux aisément dire que l’histoire du graphisme suit de près celle de l’humanité depuis les grottes de Lascaux jusqu’aux néons publicitaires du quartier Ginza à Tokyo, bien que les termes « graphisme » et « design graphique » soient des inventions du XXe siècle.

Les peintures des grottes de Lascaux (en Dordogne, 18 000 et 15 000 ans avant notre ère) et la naissance de l’écriture (en Mésopotamie à Sumer, vers 3500 avant notre ère) peuvent être considérés comme des éléments fondateurs de la communication visuelle. Par la suite, ce qui deviendra le graphisme va suivre l’évolution humaine et en particulier celle de l’écriture, puis celle de la diffusion des images et enfin celle des nouvelles technologies.

Cependant le Design Graphique prend réellement son envol au XXe siècle : l’industrialisation, la société de consommation, l’émergence de nouveaux médias, du marketing et de la publicité, mais aussi le développement de disciplines connexes (design et architecture) favorisent l’émergence d’un nouveau type d’emplois spécialisés dans la création graphique pour valoriser les outils de communication.
Le graphiste devient alors celui qui formalise et clarifie un message de communication, puis qui le met en page graphiquement. Mettant tour à tour son intellect puis sa créativité graphique au service d’une commande, « le graphiste » est alors moins considéré comme un artisan, mais comme un corps de métier à part entière, à mi-chemin entre l’artisanat et l’art…
C’est dans le contexte contemporain des années 60-70 que la discipline et le terme « graphisme » se popularisent, tout comme le design, la bande dessinée.

Dans ce contexte, on comprend alors que depuis les débuts du graphisme jusqu’à aujourd’hui, où la communication visuelle est devenue omniprésente, il a toujours été délicat de tracer la ligne de distinction qui sépare le graphisme de la publicité et de l’art, avec lesquels le graphisme partage certains principes, théories, pratiques ou langages.
Un début de réponse pourrait être de définir la publicité comme étant une pratique dont le but est la vente de produits et de services tandis que le graphisme cherche plutôt à ordonner l’information, à donner forme à des idées et à communiquer des émotions (à l’inverse de la pub qui se sert des émotions comme technique de vente) à travers des objets graphiques, tout en répondant à une commande.

Pour conclure, on peux dire que le processus de création qu’est le graphisme print est « un moyen de communication basé sur la composition d’une surface, alliant des connaissances techniques et une dimension plus intuitive et créative. » Car s’il est important pour le graphiste de connaitre et maîtriser les bases techniques, il est également nécessaire qu’il laisse une place importante à sa créativité et son intuition pour obtenir un travail plus intéressant, plus surprenant. Le tout tendant vers l’harmonie de la composition, l’équilibre. « la composition est l’art de découvrir et de représenter l’unité dans la variété » (Platon).

Références bibliographiques & auteurs cités :

> Annick Lantenois – Historienne de l’art et enseignante
Le vertige du funambule, éditions B42-12, novembre 2010

> Michel Wlassikoff, 
Histoire du graphisme en France, Les Arts Décoratifs, 2005

> Damien et Claire Gautier,
Mise en Page(s), etc. – Manuel, Pyramyd, 2009

> Ambrose / Harris
Guide de la production graphique – conduire un projet de A à Z – Pyramyd, 2010

> Damien Gautier,
Typo-graphie, guide pratique – Pyramyd, 2001

> Céline Remechido,
Petit Manuel de graphismePyramyd, 2007

> Les Graphisteries
http://www.lesgraphisteries.com

Amandine Corgier-Perrettant – Graphiste
http://www.lyon-graphiste.fr

> Sébastien Joncour – Directeur Artistique / Graphiste / Webdesigner Freelance
http://www.jonk.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *